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Quel amour d'enfant !

Lire

Édouard CORNET (1861-1930), Pierrot et Émilienne Weill autour de leur mère leur montrant un album, [1908-1910], photographie négative sur plaque de verre (AMM, 115 FI 917)

Les livres pour enfants existent depuis le XVIIIeme siècle, ; mais c’est la scolarisation massive de la fin du XIXeme siècle, en parachevant l’alphabétisation de tous les petits Français, qui favorise la pratique de la lecture comme loisir.

Les petits lecteurs ont alors le choix entre les romans au succès jamais démenti d’auteurs français tels que la Comtesse de Ségur, Michel Zévaco ou Jules Verne, et ceux, récemment traduits comme Olivier Twist (1841), Les quatre filles du Docteur March (1868), L’Ile au Trésor (1885), Pinocchio (1902), Nils Holgersson (1912), Le livre de la Jungle (1913).

L’essor concomitant d’éditeurs spécialisés tels Hetzel et son Magasin d’éducation et de récréation (fondé en 1864) ou Hachette et sa Semaine des enfants (fondé en 1857), Gautier-Languereau et sa Semaine de Suzette (1905), complète sous la forme très populaire du feuilleton ce panel déjà conséquent. Les supports et modes de lecture se diversifient aussi avec l’invention de l’album illustré et bientôt de la bande dessinée : La famille Fenouillard (1889), Bécassine (1905), Les pieds nickelés (1908), le Journal de Spirou (1938), Tintin (1946). Les éditeurs cherchent à fidéliser leur public enfantin avec la création de collections spécialement dédiées, comme Hachette avec La Bibliothèque Rose en 1856 et la BibliothèqueVerte en 1923, ou les Editions GP avec La Bibliothèque Rouge et Or en 1947. Ils diversifient leurs sujets, depuis le roman jusqu’au documentaire, le but affiché étant d’instruire tout en divertissant.

Au panthéon des héros des lectures enfantines se bousculent alors des animaux humanisés (Peter Rabbit de Beatrix Potter, 1902, Gédéon le Canard, de Benjamin Rabier, 1923, Mickey Mouse, de Walt Disney, 1930, Babar l’éléphant de Jean de Brunhoff, 1931, …), ou des enfants auxquels ils peuvent s’identifier : la Sophie des Malheurs de Sophie, de la Comtesse de Ségur (1858), le Lebrac de La guerre des boutons de Pergaud (1912) ou le Jim Hawkins de L’île au trésor de Stevenson (1885). Dans un mélange de romanesque, de fiction merveilleuse et de réalité documentaire, ces livres aident les enfants à intégrer les codes et les connaissances utiles pour leur passage à l’âge adulte. Cette entreprise d’éducation au sens large se lit par exemple dans la célébrissime série du Club des cinq d’Enid Blyton, publiée en France à partir de 1955.

Cette enjeu fait d’ailleurs l’objet de stratégies idéologiques : certaines maisons d’éditions, comme Mame, défendent une ligne chrétienne alors que d’autres, comme les éditions Vaillant fondées en 1945, sont proches du Parti communiste. Pour autant, les publications pour la jeunesse, sont toutes soumises à la loi du 16 juillet 1949 qui stipule qu’elles ne doivent pas inciter au « banditisme, au mensonge, au vol, à la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques ou sexistes ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Benjamin Rabier, Martin et Jocko Paris, Jules Tallandier, 1958 (édition originale en 1912) (coll. part.)     Spirou, revue hebdomadaire, octobre-novembre 1956 (coll. part.)La semaine de Suzette, janvier 1928 / 1929 (coll. part.)Marcelle et Georges Huisman, Contes et légendes du Moyen-Age français, Paris , Fernand Nathan, 1931 (coll. part.)Édouard CORNET (1861-1930), Pierrot et Émilienne Weill entourent leur mère en train de leur lire un album,  [1908-1910],  photographie négative sur plaque de verre (AMM, 115 FI 917)

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