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A l'ombre des bastides

Le phénomène bastidaire à Marseille

BOLLINGER, vue du terroir marseillais, gravure (AMM, 30 II 79 4)

"Une seconde Marseille dans le terroir, et tout un peuple d'une nouvelle ville hors de Marseille.". Ainsi François Marchetti qualifie-t-il en 1664 le terroir marseillais, attirant l'attention sur ces fameuses bastides qui ont contribué au rayonnement de la ville et sont inscrites dans la mémoire, à défaut de l'être encore dans le paysage actuel.


 

 

A la fois domaine agricole et lieu de villégiature, elles ont modelé l’occupation et la structuration du terroir marseillais et marqué les esprits par l’art de vivre qui s’y est développé.

 

De « l’âge d’or » du XVIIe et XVIIIe siècle, où le « phénomène bastidaire » atteint sa plénitude et son apogée, à nos jours, les bastides et leurs domaines connaissent une évolution de forme et de fonction.

Mariant au départ les deux fonctions de domaine rural et agricole de rapport et lieu de villégiature ponctuelle, les bastides tendent, avec la croissance urbaine du XIXe siècle qui grignote peu à peu leurs domaines, à devenir des lieux de résidences secondaires, souvent réduits à la bastide elle-même et son proche jardin.

Dans la forme aussi, de la traditionnelle bâtisse aux belles et simples proportions, à la façade à cinq ou sept travées, à la modénature simple et au toit à quatre pentes (hormis les exceptions comme Borély ou la Magalone, qui relèvent plus, dans le modèle architectural, du château ou de la villa à l’italienne), on passe au XIXe siècle aux châteaux, « folies », villas et autres formes dévoyées de la bastide.

Ces dernières perpétuent néanmoins, sinon dans les formes ou même l’usage, la présence dans le terroir du Marseillais, citadin la semaine, mais qui concrétise ainsi le dimanche son rêve de vie « à la campagne ».


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