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A l'ombre des bastides

Le domaine bastidaire ou la Nature organisée

L'arbre de l'amitié à la bastide Saint-Joseph (AMM, 43 Fi 400)

Dans un paysage méditerranéen depuis longtemps façonné par l’homme, et malgré l’aridité des collines marseillaises, la bastide et son domaine sont l’exemple le plus achevé de la tentative de créer un paysage idéal, jouant des contrastes entre ombre et lumière, aridité des paysages naturels et luxuriance des jardins irrigués.

 

A la fois domaine agricole de rapport et lieu de villégiature, la bastide associe au sein de son domaine, clôturé par de longues murailles en pierre sèche, plusieurs espaces : cultures agricoles traditionnelles (vigne, olivier et blé), parc ou jardin de plaisance comprenant terrasse, parterre, allées et bosquets, verger et potager pour la consommation familiale, parfois fontaines et bassins, salle de verdure et surtout la traditionnelle tèse, sans compter enfin la pinède et les terres incultes, couvertes de résineux et broussailles, où paissent quelques moutons et chèvres.

 

Plus ou moins éloignées de la ville et de surface variable (de moins de 10 hectares pour les plus modestes à plus de 80 pour les plus grandes, comme la Reynarde), la bastide est souvent pour son propriétaire, qui en confie généralement l’exploitation à un fermier, une source de revenus secondaires, complétant ses revenus issus de son négoce en ville la semaine.

Vigne, olivier et blé sont les cultures traditionnelles, adaptées au climat et aux sols arides, supplantées par des cultures maraîchères plus rémunératrices, rendues possibles par l’arrivée de l’eau en abondance (grâce à l’ouverture du canal de Marseille en 1849).

 

C’est aussi un lieu de promenade, dans la fraîcheur de la tèse ou des grandes allées ombragées d’ormeaux, de platanes, de peupliers (pour les bastides jouxtant l’Huveaune ou le Jarret) ou le soir dans la pinède chauffée par le soleil de la journée, exhalant les parfums de thym, romarin et cyste.

 

C’est enfin le lieu de la chasse, à la tèse ou au poste, forme traditionnelle chérie des Marseillais : lapins, lièvres, grives, perdreaux et cailles viennent agrémenter le banquet dominical, célébrant ce retour à la Nature, dans le cadre familial et amical de la bastide.


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