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A l'ombre des bastides

L'art de vivre à la bastide

Alphonse MOUTTE, la terrasse de la bastide Samat-Moutte à Montolivet, huile sur toile (coll. part. )

Dans une lettre à Colbert, l’intendant des galères, Nicolas Arnoul reproche aux Marseillais d’être « tellement abâtardis à leurs bastides, méchants trous de maisons qu’ils ont dans le terroir, qu’ils abandonnent la meilleure affaire du monde plutôt que de perdre un divertissement de la bastide. ».

 

Légende tenace ou vérité, la bastide offre effectivement à ses propriétaires, qu’ils soient modestes négociants, bourgeois ou nobles de grand lignage, une variété de loisirs et plaisirs : lieu de villégiature où la famille, élargie aux amis, se retrouve pour profiter d’un dimanche à la campagne, avec promenade sous les ombrages, jeu de boules ou de croquet, baignade dans le bassin, partie de chasse dont on déguste ensuite le produit, accompagné des légumes et fruits produits sur le domaine. Lieu de mondanités aussi, où sont discrètement organisés des jeux d’argent alors interdits. Et pour les propriétaires les plus cultivés, des représentations théâtrales ou musicales, des visites de collections artistiques dont certaines bastides sont l’écrin champêtre. Enfin, certains grands propriétaires qui se vivent comme des seigneurs locaux accueillent dans leur parc de fêtes patronales ou villageoises.

 

Mais la vie à la bastide, c’est aussi celle des fermiers, qui l’occupent à l’année et veillent à son rendement, menant une vie de labeur contrastant avec l’image traditionnelle, joyeuse et bucolique, de la bastide.

 

C’est enfin le lieu du refuge contre les touffeurs de la ville et ses miasmes délétères, en particulier ceux de la peste.


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